Déjà quatre ans que Diam's a sorti son album titré Premier mandat, et un septennat à tenir le
mic' pour en arriver à Brut de femme. Rétrospective d'un trajet qui débute en 1980, l'année de
naissance de Mélanie.
C'est à Chypre que naît Mélanie, mais c'est à Paris et dans sa banlieue qu'elle va grandir dès
l'âge de quatre ans. Diam's baigne dans la musique et grandit au rythme des années 80 et 90,
"Goldman, Cabrel et Dance Machine !", résume-t-elle avec sincérité.
Mais le virus du rap va la contaminer très vite: de MC Hammer à Public Enemy, la maturité
rapologique vient vite pour Diam's, qui bascule définitivement lorsqu'on lui ramène le premier
album de Dr Dre d'un voyage à Los Angeles.
En guise de piqûre de rappel, elle tombe accro aux rimes en français des NTM, son influence
majeure, qu'elle verra en concert à l'âge de 14 ans ("devant la scène, vraiment tout devant !").
Pour cette jeune fille pas encore ado qui adore écrire des poèmes, le destin se trace sur la
lignée de ses idoles: elle deviendra rappeuse. Malgré l'opposition de sa mère, malgré le
machisme supposé du milieu rap français.
Ce sera "diamant"
Elle trouve son nom de scène en feuilletant le dictionnaire, fascinée par la définition du mot
'diamant': "objet de luxe et de parure, n'est composé que d'éléments naturels. Le diamant
ne peut être brisé que par un autre diamant."
"C'était fabuleux", se souvient Diam's, "pour moi ça voulait dire 'qui va venir me briser
hormis quelqu'un qui rappe aussi bien que moi ?' Vu qu'on a un ego énorme quand on démarre
le rap...".
Contre l'avis de sa mère, Diam's, encore mineure, fait son premier concert avec un pote d'école.
C'est la porte d'entrée de Diam's dans le rap biz: elle intègre le collectif de la Mafia Trece
et contribue à lancer le concept de 'rap théatral'. Après l'ombre de l'underground, la lumière
du succès... Ou presque: malgré un gros buzz et un premier maxi très remarqué, le groupe
s'enlise dans des problèmes de contrats et Diam's ne participe pas au premier album. Retour
à la case départ.
Entre temps, Diam's commence à se faire un nom: de nombreuses participations à des émissions
radio, des freestyles et featurings incessants et des concerts à l'arrache ont fait de cette
rappeuse au look de garçon manqué une affranchie de la scène hip hop.
Premier mandat
C'est en 1999 qu'elle propose son premier album. À peine majeure, Diam's s'offre une carte de
visite impressionnante: Premier mandat, produit par Black Mozart, avec en invités les Américains
DV Alias Krhist et Heather B plus les Français Mr R., Driver et Vibe, et en vedette les chansons
C'est toi qui m'gêne et Si je dois rester (sur un sample de Tracy Chapman).
Elle pense toucher le grand public, mais le disque est un échec commercial. Diam's s'en fout:
elle vit ses morceaux sur scène. Plus de 50 concerts en deux ans, "énorme pour un artiste qui
n'a pas de tourneur."
On la voit sur la tournée 'Sachons dire non', aux Francofolies, pourtant Diam's est à nouveau
seule. "J'avais mon deuxième album qui était prêt et que je voulais sortir, et j'ai fait plein
de petits boulots de nuit, bref je faisais de moins en moins de choses."
Jusqu'à sa rencontre avec Choukri, qui s'occupe alors d'Idéal J et va devenir son manager.
Il décide de reprendre en main le destin artistique de Diam's, qui fait alors le grand ménage
autour d'elle. À 19 ans, c'est une première renaissance artistique. Contactée par Marc de la
radio Générations 88.2, elle enregistre pour sa compilation le titre Suzy, qui la remet en selle.
Mais les majors hésitent. Diam's écrit alors dans la rage. Trois chansons sont posées en
maquette: À quand mon heure, Brut de femme et Ma souffrance. Et arrive à percer le mur du
silence: "on a fini par avoir plein de rendez-vous, avec les mêmes qui m'avaient dit non une
année auparavant", se souvient-elle.
Tout se débloque, et Diam's signe chez EMI pour un album à sortir au mois d'avril 2002.
Un maxi vinyl sort avec deux titres, Pogo et 1980. Hélas, une restructuration de la major
renvoie la sortie de 1980 (le titre prévu pour l'album) aux calendes grecques. En plus,
les pirates ont mis des titres sur Internet.
Brut de femme
Là où d'autres artistes auraient baissé les bras depuis longtemps, Diam's redouble d'ardeur et
retourne en studio. Elle se met au travail sur de nouveaux raps, refaçonne ses compositions et
transforme un deuxième album à l'arrache en disque de la maturité.
Convaincu, le label Hostile la signe. L'album sera Brut de femme, du nom d'un des morceaux
présents sur 1980. Au menu, des larmes et du rire, de l'énergie et de la sensualité, du flow
et des mots tranchants comme autant de rasoirs.
De l'originalité aussi: ainsi Madame qui ?, produit par Djimi Finger, introduit-il un élément
nouveau dans le hip hop français avec un texte écrit sur mesure par Lino d'Ärsenik pour Diam's:
"J'ai d'la rime, je suis debout cernée par les flammes/Dieu a planqué la foudre dans un bout
d'femme".
Parrain du projet, Jamel Debbouze est dans l'ombre de Diam's, fan numéro un et soutien sans
failles de Mélanie la MC.
Cette fois, l'album est vraiment là, un septennat après des débuts dans l'urgence et une
expérience acquise sur le terrain.
"Sept ans de carrière discographique: un tiers de ma vie dans la musique, c'est beau, non ?
Le premier tiers j'apprends à marcher, à écrire et à lire. Le deuxième, j'applique. Le troisième,
je fais de la musique."
Elle n'a que 22 ans, mais la rage des vétérans.
mic' pour en arriver à Brut de femme. Rétrospective d'un trajet qui débute en 1980, l'année de
naissance de Mélanie.
C'est à Chypre que naît Mélanie, mais c'est à Paris et dans sa banlieue qu'elle va grandir dès
l'âge de quatre ans. Diam's baigne dans la musique et grandit au rythme des années 80 et 90,
"Goldman, Cabrel et Dance Machine !", résume-t-elle avec sincérité.
Mais le virus du rap va la contaminer très vite: de MC Hammer à Public Enemy, la maturité
rapologique vient vite pour Diam's, qui bascule définitivement lorsqu'on lui ramène le premier
album de Dr Dre d'un voyage à Los Angeles.
En guise de piqûre de rappel, elle tombe accro aux rimes en français des NTM, son influence
majeure, qu'elle verra en concert à l'âge de 14 ans ("devant la scène, vraiment tout devant !").
Pour cette jeune fille pas encore ado qui adore écrire des poèmes, le destin se trace sur la
lignée de ses idoles: elle deviendra rappeuse. Malgré l'opposition de sa mère, malgré le
machisme supposé du milieu rap français.
Ce sera "diamant"
Elle trouve son nom de scène en feuilletant le dictionnaire, fascinée par la définition du mot
'diamant': "objet de luxe et de parure, n'est composé que d'éléments naturels. Le diamant
ne peut être brisé que par un autre diamant."
"C'était fabuleux", se souvient Diam's, "pour moi ça voulait dire 'qui va venir me briser
hormis quelqu'un qui rappe aussi bien que moi ?' Vu qu'on a un ego énorme quand on démarre
le rap...".
Contre l'avis de sa mère, Diam's, encore mineure, fait son premier concert avec un pote d'école.
C'est la porte d'entrée de Diam's dans le rap biz: elle intègre le collectif de la Mafia Trece
et contribue à lancer le concept de 'rap théatral'. Après l'ombre de l'underground, la lumière
du succès... Ou presque: malgré un gros buzz et un premier maxi très remarqué, le groupe
s'enlise dans des problèmes de contrats et Diam's ne participe pas au premier album. Retour
à la case départ.
Entre temps, Diam's commence à se faire un nom: de nombreuses participations à des émissions
radio, des freestyles et featurings incessants et des concerts à l'arrache ont fait de cette
rappeuse au look de garçon manqué une affranchie de la scène hip hop.
Premier mandat
C'est en 1999 qu'elle propose son premier album. À peine majeure, Diam's s'offre une carte de
visite impressionnante: Premier mandat, produit par Black Mozart, avec en invités les Américains
DV Alias Krhist et Heather B plus les Français Mr R., Driver et Vibe, et en vedette les chansons
C'est toi qui m'gêne et Si je dois rester (sur un sample de Tracy Chapman).
Elle pense toucher le grand public, mais le disque est un échec commercial. Diam's s'en fout:
elle vit ses morceaux sur scène. Plus de 50 concerts en deux ans, "énorme pour un artiste qui
n'a pas de tourneur."
On la voit sur la tournée 'Sachons dire non', aux Francofolies, pourtant Diam's est à nouveau
seule. "J'avais mon deuxième album qui était prêt et que je voulais sortir, et j'ai fait plein
de petits boulots de nuit, bref je faisais de moins en moins de choses."
Jusqu'à sa rencontre avec Choukri, qui s'occupe alors d'Idéal J et va devenir son manager.
Il décide de reprendre en main le destin artistique de Diam's, qui fait alors le grand ménage
autour d'elle. À 19 ans, c'est une première renaissance artistique. Contactée par Marc de la
radio Générations 88.2, elle enregistre pour sa compilation le titre Suzy, qui la remet en selle.
Mais les majors hésitent. Diam's écrit alors dans la rage. Trois chansons sont posées en
maquette: À quand mon heure, Brut de femme et Ma souffrance. Et arrive à percer le mur du
silence: "on a fini par avoir plein de rendez-vous, avec les mêmes qui m'avaient dit non une
année auparavant", se souvient-elle.
Tout se débloque, et Diam's signe chez EMI pour un album à sortir au mois d'avril 2002.
Un maxi vinyl sort avec deux titres, Pogo et 1980. Hélas, une restructuration de la major
renvoie la sortie de 1980 (le titre prévu pour l'album) aux calendes grecques. En plus,
les pirates ont mis des titres sur Internet.
Brut de femme
Là où d'autres artistes auraient baissé les bras depuis longtemps, Diam's redouble d'ardeur et
retourne en studio. Elle se met au travail sur de nouveaux raps, refaçonne ses compositions et
transforme un deuxième album à l'arrache en disque de la maturité.
Convaincu, le label Hostile la signe. L'album sera Brut de femme, du nom d'un des morceaux
présents sur 1980. Au menu, des larmes et du rire, de l'énergie et de la sensualité, du flow
et des mots tranchants comme autant de rasoirs.
De l'originalité aussi: ainsi Madame qui ?, produit par Djimi Finger, introduit-il un élément
nouveau dans le hip hop français avec un texte écrit sur mesure par Lino d'Ärsenik pour Diam's:
"J'ai d'la rime, je suis debout cernée par les flammes/Dieu a planqué la foudre dans un bout
d'femme".
Parrain du projet, Jamel Debbouze est dans l'ombre de Diam's, fan numéro un et soutien sans
failles de Mélanie la MC.
Cette fois, l'album est vraiment là, un septennat après des débuts dans l'urgence et une
expérience acquise sur le terrain.
"Sept ans de carrière discographique: un tiers de ma vie dans la musique, c'est beau, non ?
Le premier tiers j'apprends à marcher, à écrire et à lire. Le deuxième, j'applique. Le troisième,
je fais de la musique."
Elle n'a que 22 ans, mais la rage des vétérans.